Jeudi 3 mai 2007

Ce gros monstre ne connaît pas sa chance .

Il couve pendant des décennies ses rancoeurs, ses tourments.

Il les rumine, les retourne, les chauffe à blanc.

Il gronde, se contient...puis violemment explose, chassant de sa toux rauque les ramparts qui l'obstruent.

Sa langue de feu se libère et se répand sans vergogne sur tout ce qui voisine, sans se préoccuper des cendres qu'il génère.

Cette langue, trop douloureuse, qu'il s'est évertué à retenir pendant si longtemps...

                        --" Tiens ta langue !..."...lui avait dit sa mère,

... s'est mise à bouillir.

   

Il aurait voulu qu'on dorlote ses flancs, qu'on le soigne, qu'on le caresse, qu'on le cultive d'une voix douce, qu'on écoute gentiment ses sanglots.

Eux n'avaient pas vu, ni entendu, trop absorbés à exister dans le vrai monde et la vraie vie, avec des vrais soucis. 

 

                           ...Alors, ...il s'était tu .

Et peu à peu, dans ses entrailles, tout s'était mis à chauffer, à enfler, à hoqueter...jusqu'à n'en plus pouvoir.

 

A présent, il vomit ses silences, ses attentes, ses désillusions, ses tristesses et ses humiliations, ses colères, sans le moindre remord, dans une jubilation de souffrance.

 

Et... lorsque tout est gris, tout est dit, il peut panser ses blessures et reprendre son souffle.

Il s'apaise et s'endort... oubliant que le monde n'est fait que de mal entendants.

par Santoline publié dans : Guadeloupe
 
 
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