Lundi 23 avril 2007

Quand mes enfants étaient petits, une amie leur offrit un joli petit livre cartonné où était écrit en couverture :

                                     " MOI, ...ma grand mère !... "

C'est l'histoire de plusieurs enfants qui se livrent à une "compétition" de grands mères.

Le premier se vente d'avoir une grand mère qui est maître nageur

Le second surenchérit,...la sienne est pilote d'hélicoptère

Le troisième en a une qui est dresseuse de fauve

Le quatrième,... la sienne est pilote de courses sur formule 1

Le dernier, bien ennuyé, ne trouve rien à dire, pour séduire ses petits copains.

                    -- "Alors et toi, qu'est ce qu'elle fait ta grand mère ?

                    -- Ben !...euh !... elle me fait des tartines de beurre avec plein de petits

                       morceaux de chocolat dessus !

 

Là, le texte s'arrête, et l'image montre les quatre enfants, la langue au bord des lèvres,les yeux écarquillés par la surprise, la gourmandise et l'envie, tournés vers leur petit camarade tout surpris.

 

Parmi tous les livres d'enfants qui me sont passés entre les mains, à l'âge où les nôtres s'endormaient le soir avec une histoire, je crois que c'est celui là, qui a fait le plus de chemin dans ma tête.

Quand ils sont arrivés au CP, la pression a "monté" en moi,... et pas seulement en moi !

 

A la sortie de l'école, après la pluie, le beau temps, les courses, le repas de midi, les mamans très souvent se livrent à des compétitions de progéniture :

 

           -- " Ca y est le mien commence à savoir lire !

           -- oh ! moi il lit déjà une phrase entière depuis Noël

           -- le mien il savait déjà lire en sortant de la grande section !

           -- le mien compte jusqu'à 100 !"

 

Et c'est parti pour 20 ans si tout va bien !!...je vous épargne le cursus scolaire de chacun, avec tous les accrocs, ou les décorations que ces chers petits et grands, amassent avant d'arriver à une "situation" professionnelle, digne d'être énoncée.

 Et là, ...ça continue !... mais selon la position que votre rejeton a obtenu dans l'échelle sociale, on parle du sien en terme élogieux, essayant de narguer sans en avoir l'air l'adversaire, ou de celui du voisin, si le nôtre n'a gravi que péniblement les premiers barreaux.

C'est alors que les grands parents enfoncent le clou :

         -- "la nôtre est chirurgien dentiste, et son frère a une bonne situation, il est PDG  chez Rothschild  et voyage beaucoup !

         -- oh ! le nôtre, il n'a rien voulu faire !...que voulez vous ?..."

 

La vie est ainsi faite, et l'habit fait encore le moine ...

 

Certes me direz vous, les miens sont "casés" ( pour le moment, car les cases sont fragiles par les temps qui courent !), je suis comblée,… je peux philosopher !

Mais..….y aura-t-il un jour où nous aimerons nos enfants et serons fiers d'eux, uniquement pour ce qu'ils sont dans leur âme et dans leur vie… de jardinier, de plombier, de boulanger,… heureux ?

 

Je ne peux m'empêcher de penser sans cesse au bonheur du petit garçon, qui mange tendrement les tartines de beurre au chocolat, que sa grand mère lui a préparé avec amour et je regrette parfois de n'avoir pas su en faire plus souvent !

 

 

 

 

 

 

 
 
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