Vendredi 16 mars 2007

Mes punitions préférées c'était quand mon frère et moi, nous étions punis ensemble pour la même affaire !...mais alors l'ultime punition !… le summum ! :

              " Au lit ! sans manger ! "

Ca n'a pas dû être très efficace car je me souviens à peine des motifs qui ont pu nous conduire ces quelques fois à la chambre, une bonne partie de la journée.

J'opterais toutefois pour une dispute entre chien et chat, et selon l'expression des parents c'était : " je vais vous mettre d'accord moi ! "...ils ne croyaient pas si bien dire ! !

Nous dormions dans la même chambre, mon frère dans un lit à 2 places, dont le cadre grinçait horriblement, lit hérité de ma grand mère, et moi dans le coin opposé, contre le mur, sur un petit sommier qui avait déjà vécu, avec matelas .

Les premières minutes, consternés au fond de notre lit en pleine journée, nous tentions de fermer les yeux, et de méditer au pourquoi de la chose.(enfin, moi !)

Mais, bien vite l'un ou l'autre, commençait à émettre des sons étouffés, puis des mots, des bêtises, puis des chants...et c'était le fou rire assuré.

Mon frère à l'imagination débordante disait qu'il construisait une " casbah ". Je voyais onduler l'édredon, déborder les couvertures, et il apparaissait au fond de son lit, à la rambarde de sa terrasse,(le montant du fond du lit), m'expliquant les détails de son architecture.

Moi je tentais d'en faire autant, mais les matériaux étant plus restreints, la surface moins grande, et moi moins hardie, je soulevais les draps et couvertures, mettant mon ours en peluche debout pour simuler une tente. Il m’est arrivé d’utiliser un cintre, plus rigide et seul accessoire disponible dans l'armoire.

J'essayais moi aussi de me faufiler dessous pour accéder à ma terrasse.

L'ours ne résistait pas à mes contorsions , tout s’écroulait et suffoquée de panique je ressurgissais vers le haut du lit ébouriffée et écarlate, ce qui amusait beaucoup mon frère depuis son balcon , qui faisait mine de déguster une succulente boisson !

Il fallait que je trouve autre chose pour nous amuser un peu, alors je me déguisais : mon pyjama noué en fichu sur ma tête et, debout sur le lit, je mimais en chantant " la petite jardinière,...qui s'en va bêchi bêcha !... "( cherchez pas !..elle n'a jamais été au top 50 celle ci,… j'ai dû me séparer du parolier !)

Mêlant la chorégraphie à ma chanson, je sautais en bêchant littéralement ce pauvre lit. Le sommier dont les ressorts ressortaient sous la toile, gémissait et lançait des appels métalliques en direction de la cuisine.

A fond dans mon show, mon frère hilare, maman déboulait en trombe dans la chambre, où dans un dernier ressaut, le sommier retrouvait son calme... et moi avec ! cachée sous mes draps !

Un petit orage passager avec maman dans le rôle du tonnerre… et puis une éclaircie apparaissait aussitôt après sur une suggestion de mon frère.

 

Un couloir séparait la partie nuit du reste de l’appartement, une porte toujours fermée à l’entrée, et notre chambre se trouvait au fond du couloir à gauche.

Juste à côté de la chambre, " notre " salon de lecture : les WC, flanqués d’un immense placard mural, rempli de livres et de revues et fermé par deux grosses portes en bois.

De robustes étagères pouvant servir d’échelle, à qui voulait s’en donner la peine, nous permettaient de choisir nos lectures, et de fouiner parmi divers objets entreposés là.

Dans ces occasions, il était bien évidemment interdit de se distraire avec quoi que ce soit ….dommage ! car dans le placard, il y avait un gros album de Mickey, un album de Suzette, des " Bonne Soirée " avec la BD de Sylvie, et d’autres revues pour enfants que les rares visiteurs nous avaient offert.

--"  T’as qu’ à dire que t’as mal au ventre et que t’avais envie ! "

Bien sûr, j’étais la fille !…, une fille ça a toujours envie, toujours mal quelque part, ça sait pleurnicher, implorer la pitié,… et je savais bien faire !, surtout demandé par un grand frère !…pour une fois que je me sentais utile ! j’allais lui montrer de quoi que j’étais capable !

 Me voilà partie en petite culotte, sur la pointe des pieds pour une expédition littéraire, mon frère surveillant l’opération depuis son lit.

J’étais pourtant discrète, mais maman avait l’œil !…un bruit de porte et je dégringolais en bas des étagères, descendant ma culotte à la hâte et prenant position, d’un air tenaillé par la douleur .

Le regard fusillant de maman devenait subitement plus compréhensif, je n’avais pas d’explications à donner !

"  Bon après, tu retournes te coucher ! "

Je voyais les couvertures de mon frère ricaner en silence.

Raté !… pas de livre !… et puis,… normalement,… je ne devais plus avoir envie avant un moment !

L’opération se renouvelait parfois avec succès !…mais je suis incapable de me souvenir si le " sans manger " était respecté, peut être bien une ou deux fois , mais je m’en fichais, j’avais jamais faim ! ça m’évitait de mâcher pendant des heures la même boulette de viande, je préférais piquer les gâteaux cachés dans la boite en fer !

 

Finalement, des punitions à deux, c'était pas si mal !

par Santoline publié dans : souvenirs
 
 
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