C'était une nuit d'octobre, un tout petit matin que j'attendais depuis la veille.
Tu avais commencé à frapper, tout sourdement, tout doucement, me laissant profiter de l'attente.
Je ne voulais pas me laisser envahir par la peur, dans cette chambre vide, aux couleurs ternes, au silence pesant.
Alors, j'ai éclairé la loupiote au dessus de mon lit, et me suis efforcée de rester concentrée sur ma lecture, regardant distraitement la télé en sourdine.
Je pensais à ton frère qui avait dû quitter précipitamment la maison son cocker Vergenie sous son bras, pour s'en aller dormir chez Cathy, et à papa reparti à la maison pour allonger ses jambes accidentées de la veille.
Je sentais bien que tu commençais à t'impatienter, frappant de plus en plus fort, de plus en plus souvent.
Tu redoublais d'énergie et je dû quitter la chambre.
Je fus soudain plongée dans une pièce blanche, froide, éblouissante de néons.
Ils étaient deux en blouses blanches, conversant comme si de rien n'était... vous dérangez pas pour moi !... je ne fais que passer !... des pros !
Ton papa tardait, et toi tu n'en pouvais plus d'attendre.
La porte s'est ouverte enfin !... il était là, traînant ses jambes douloureuses...tu as bien compris que je n'étais plus seule, alors tu as surgi, vigourette, inoubliable, auréolée de ton duvet orangé qui scintillait sous le feu des projecteurs.
Bonjour ma Roussette !
par Santoline
publié dans :
portraits

