25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 21:44

 

Un dernier regard à l'appartement rangé, astiqué, aéré, elle se dirige vers le panier au coin du canapé du salon, se saisit d'un sac en toile qui s'y trouve puis se dirige vers la salle de bains.

La salle de bains, privilège pour l'époque, ressemble à un étroit couloir aux murs verts. La baignoire est à gauche en entrant et sur la droite s'alignent un grand placard mural, le lavabo suivi du bidet coincé sous la fenêtre tout près du radiateur.

Elle écarte le rideau et le passe derrière l'espagnolette de la fenêtre, la seule sans volet qui voit arriver les visiteurs.

Elle s'assied sur le bord du bidet et ouvre son sac de toile, le regard en direction de la route empierrée qui conduit à la maison. C'est ainsi que tous les jours durant une demi heure elle s'installe avec son tricotage, guettant sa fille au retour de l'école.

Elle aurait pu s'installer confortablement sur le fauteuil devant la grande fenêtre de leur chambre mais elle avait pour principe de refermer les volets aussitôt le lit refait pour que le soleil n'altère pas les tapisseries, laissant la fenêtre entrebâillée pour aérer jusqu'au soir.

Tandis que par un mouvement rapide elle déplace une à une les mailles de l'aiguille entre son index et son pouce, ses lèvres murmurent le comptage des mailles... 53, 54.

 

 

Attente singulière

Elle déroule le fil, éloigne la pelote et reprend son ouvrage là où elle l'avait laissé la veille, le regard rivé au chemin... sa fille ne devrait plus tarder.

Elle ne prête pas attention à l'inconfort de sa position, bercée dans sa paisible attente par le cliquetis feutré des aiguilles dans le mohair. Parfois au changement de rang elle glisse l'aiguille libre dans sa chevelure. Après quelques rapides mouvements de va et vient, l'aiguille lubrifiée se faufile plus aisément entre les mailles.

Un coup d’œil au chemin, elle tire sa laine, retourne son ouvrage, recompte ses mailles, mesure l'emmanchure. Des sillons se dessinent sur son front, une maille s'est échappée... elle crochète de son aiguille pour la récupérer quand son oreille attentive perçoit le bruit d'un pédalier grinçant. Elle relève le menton, la voilà !... elle pose son tricot sur ses genoux, fait aussitôt un signe de la main, sourit puis se lève laissant choir son ouvrage, elle va ouvrir la porte.

 

... à Nénette... quand elle savait tricoter

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Published by Santoline - dans souvenirs
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commentaires

Célestine 30/01/2015 10:39

Cette veste va bien s'accorder avec ses yeux bleus, il va faire des jaloux.Tu es bien douée toi aussi, les gènes sans doute !

santoline 30/01/2015 11:30

Douée, pas besoin, il suffit d'avoir envie
Je ne sais pas s'il a des "potes" jaloux à 6 mois ...?? :))
... en revanche il peut peut être faire des envieuses chez les mamies :))
(pas chez toi, tu en as un ! )
Bises toutes spéciales aujourd'hui...

Fabienne 28/01/2015 09:10

J'ai une amie qui ne supportait pas l'inactivité et pour occuper ses doigts, elle crochetait partout et tout le temps, même en classe sous la table. Les profs ne voyaient rien...Elle avait une dextérité inimaginable et elle savait sans voir qu'elle avait fait une erreur. Le matin nous voyions la pelote de coton et le soir nous apercevions un napperon, une nappe, un gilet...Elle avait de l'or dans les doigts !

santoline 28/01/2015 10:23

... et maintenant on accuse les portables en classe !!... l'avantage c'est qu'elle n'avait pas besoin de regarder l'écran... un portable en braille peut être ?? :)
Nénette a toujours beaucoup tricoté, elle aimait beaucoup, ce qui lui permettait également d'attendre les siens... toute sa vie. Elle n'avait plus besoin de livres de tricot, elle travaillait "à vue" et c'est quand elle n'est plus arrivée à faire une écharpe que j'ai réalisé...
Transmission oblige, j'ai pas mal tricoté dans ma jeunesse, je me suis lassée, je reprends de temps en temps pour mes petits, la photo est mon dernier en date, mais ma patience et ma persévérance sont de plus en plus fragiles :)) je préfère "m'aérer" autrement.

PS: suite à notre conversation ici :
http://santoline-delire.over-blog.com/2015/01/j-ai-quand-meme-un-bleme.html#anchorComment
... il faut que je t'entretienne en privé...
:)

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