Lundi 24 mars 2008

 

Il neige.

Je lui avais pourtant dit à Corléone que c'était pas la peine de biner les rosiers !

Il a voulu faire son malin...voilà le résultat !

 

Hier, on a voulu perpétuer la tradition en allant ramasser nos œufs à la campagne, mais sans gamins, on a eu peur de pas avoir l'air très fins, alors on a fait dans la discrétion .

On a pas pris les petits paniers en osier et on a dit à mémé de laisser les œufs dans une assiette sur la table, c'était plus commode que d'aller déblayer la neige autour des cabanes à lapins.

Pour faire plaisir aux grands parents, avec les frères et sœurs, on a reparlé des Pâques d'antan, à l'époque où nos quatre loupiots dealaient dans la cour .


Cette année là, comme aujourd'hui il neigeait, les routes quelques peu engorgées par de grosses cloches qui n'avaient pas rechaussé leurs équipements depuis le rallye de Chamrousse, et qui se livraient à de grotesques embardées sur la chaussée, j'ai décidé de prendre un itinéraire de délestage afin d'arriver à destination plus rapidement.

Trompée par les conditions atmosphériques très perturbées, bison futé se révéla pas si futé que ça et mon initiative pour le coup malvenue.

Nous nous retrouvâmes au fond d'une impasse, au beau milieu de la centrale d'épuration des eaux usées du secteur.

Les gamins incommodés par l'odeur, et ne reconnaissant pas les lieux, commencèrent à s'angoisser tout haut, en se pinçant le nez.

"  Bêêêêêêhhhh !!!...mais on est pas chez mémé ??... "


J'ai dû leur dire la vérité :

Les cloches ces grosses flemmardes, avaient dû passer il a trois semaines de là, afin d‘être peinardes pour le week end de Pâques, et leurs œufs avaient dû fermenter, et peut être qu‘en regardant bien, ils allaient voir quelques poussins rescapés ??...

Le nez bouché, les yeux écarquillés, ils scrutèrent tous les angles de la station de traitement, à travers les vitres de la voiture, sans repérer le moindre poussin, ce qui nous permit après quelques manœuvres de retrouver la route habituelle.

Nous sommes arrivés quelque peu en retard à destination, mais comme les grands parents sont cools, il n'y eut pas de conséquences graves, si ce n'est que depuis des années, et aujourd'hui encore, j'entends parler de mon raccourci du jour de Pâques !!

...Oui !... ben ça va, hein !?... pour une fois que j'avais une idée !... pis d'abord ya prescription !


 Après s'en suivait le passage des cloches. L'un des parents montait discrètement dans le grenier, et muni de la grosse cloche que le grand père nous avait ramené des fonderies où il travaillait, nous nous hissions à l'ouverture du Velux, et agitions à tout va la cloche au dessus du toit, en jetant des poignées d'œufs multicolores dans tout le jardin.

Jusqu'au jour où notre aîné, le plus grand des quatre se mit à crier de la partie la plus haute du jardin :

AH ! AH ! AH ! ! ! !....maman, je vois ton bras qui sort du Vélux !

DAMNED !... je suis démasquée !!

Alors pour sauver les apparences, j'ai pris un air fâché, simulant un gros essoufflement pour leur dire qu'ils avaient bien failli rater les cloches !!...

Ils n'étaient pas allés au fond du jardin suffisamment vite , alors j'avais dû me précipiter au grenier pour essayer d'en choper une... qu'elle se débattait, et que j'avais failli la lâcher !!... mais que heureusement, j'avais tout de même réussi à lui faire cracher ses œufs en la maintenant par le chignon !... sinon, ils auraient fait tintin pour les chocolats cette année !!!

Notre fiston était tordu de rire, tandis que les trois plus jeunes me regardaient avec une grande admiration ! (il est pour qui le bon point ?)


Munis de leurs paniers, ils s'affairaient dans tous les coins de la ferme, à la recherche de leur butin chocolaté. Ils fouillaient les haies de buis, les massifs d'hibiscus, les branches de sapins, remplissant leurs paniers de poules, lapins cloches enrubannés sous leur papier de cellophane.

Les deux garçons, se livrant à des pointes de vitesse et bien sûr à des ruses pas très catholiques en ce jour, pour rafler sous le nez des filles, les plus gros.


Après la récolte s'en suivit le moment du commerce équitable arbitré par les parents, où les garçons durent céder quelques grosses prises en échange d'une poignées de modestes œufs liquoreux ramassés minutieusement un à un par les filles.



Et oui c'est ça la parité !...juste une question d'éducation à coups d'œufs de Pâques !!




 

 

 
 
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